jeudi 14 janvier 2016

LES SECRETS DES CONVERTIS

Deux cent mille Français convertis à l'islam : tel est le chiffre avancé par le bureau des conversions de la grande mosquée de Paris,. D'après Lisbeth Rocher et Fatima Cherkaoui, qui ont consacré un ouvrage aux conversions en Europe (« D'une foi l'autre aux éditions du Seuil), les convertis sont de plus en plus nombreux. Cela va de l'ancien militant gauchiste déçu à l'ancien routard de Katmandou, en passant par l'intellectuel exigeant que le laxisme du christianisme moderne n'attire plus. Tous, inconnus ou célèbres le chorégraphe Maurice Béjart, le chanteur Cat Stevens, l'acteur Anthony Quinn ou l'ancien responsable communiste Roger Garaudy —, sont las des facilités matérielles de l'Occident, de son appétit de jouissance et de son goût des plaisirs : Sylvaine-Soumaya, 27 ans, et PhilippeIbrahim, 38 ans, se sont convertis il y a deux ans. Soumaya a quitté son travail et s'occupe de leur premier enfant, un garçon de 21 mois. Philippe est archiviste dans une société commerciale. Ils håbitent un F 2 à Paris. Sans télé, ni radio, ni électrophone. Autant de symboles de la société de consommation. Chaque jour, quand il rentre du travail, à 18 heures, Philippe-lbrahim procède â quelques ablutions, passe dans ses cheveux et sur ses mains un parfum musqué et s'en va avec sa femme dans la chambre à coucher pour la prière du soir. Leur rencontre avec l'islam, expliquent-ils, est le fruit d'une longue recherche et l'aboutissement d'une révélation. Révélation que Dieu n'accorde pas à tout le monde. Un jour,Ce fut un bouleversement total, Devenu Ibrahim, il a le sentiment d'avoir trouvé ce qu'il cherchait depuis toujours. « Se convertir à Dieu, dit-il, c'est se détourner de soi, » « Le devoir du musulman, ajoute-t-il, c'est de construire unesociétéislamiqueen France. » Soumaya acquiesce. Elle porte un voile sur la tête. Il est arrivé qu'on se moque d'elle, mais elle affirme qu'on la respecte davantage depuis qu'elle se couvre les cheveux. Le féminisme lui semble dérisoire. Les Temmes travaillent le plus souvent dans des bureaux ou comme vendeuses, comme employées, « Est-ce gratifiant pour une femme ? », demande-t- elle. « Je suis bien chez moi, conclut-elle, je suis en paix. ». Extrait Journal l'Observateur,7-13 FEVRIER 1986/59
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